Les Muscardins est une ASBL fondée en octobre 2014 à l’initiative de quelques citoyens de Viroinval pour sauver une forêt d’une grande biodiversité, qui était condamnée par une plantation de résineux. Elle est située dans le massif ardennais de Viroinval, à proximité de la zone Natura 2000 du Ry d’Alysse et de la frontière française.

 

L’asbl a trouvé un accord avec le propriétaire et s'est engagée à l’acquérir cette forêt pour y créer une réserve naturelle. Cinq mois après la signature du compromis, l'acte de vente est passé devant le notaire.

Enoncé du problème

 

Depuis des siècles, le site est un bois de feuillus. La chênaie n’a pas été plantée et l'empreinte de l’homme est faible puisque, dès les années soixante, le bois n’a plus été exploité. La forêt a évolué de façon naturelle, ce qui lui donne aujourd’hui tout son caractère : une flore étonnante et une faune captivante.

 

Cette forêt allait être coupée à blanc et transformée en monoculture de résineux, détruisant l'habitat de la faune actuelle. Certaines espèces animales, comme le muscardin, la couleuvre à collier, la salamandre,…  sont intégralement protégées par la loi régionale de conservation de la nature et la directive européenne. Il est interdit de détériorer ou de détruire les sites de reproduction, les aires de repos ou tout habitat naturel où vivent ces espèces à un des stades de leur cycle biologique. Dans les faits, ces lois n'empêchaient finalement pas sa destruction, le terrain étant une propriété privée... d'où l'initiative de quelques riverains et naturalistes conscients de la richesse de ce site.

 

La monoculture de résineux n'est appréciée que de peu d'espèces végétales et animales et entraîne des pertes énormes pour la faune et la flore, acidifie le sol et est nocive pour les sources et les ruisseaux.

 

 

L'objectif

 

Une forêt fait partie des écosystèmes où l’on trouve la plus grande diversité biologique sauvage. Le but de l’asbl est de laisser le noyau du site à sa libre évolution naturelle.

 

Comme la forêt des Muscardins n’a pas été entretenue, on y trouve pas mal de bois mort. Des grosses branches et des arbres abattus par des tempêtes, du bois coupé qu’on n’est jamais venu chercher, des arbres morts sur pied et les petites branches qui sont tombées... Plus d'un tiers de toute la biodiversité et la moitié de la faune forestière dépendent du bois mort. Ce sont les résidents de cavités comme les martres des pins, les chauves-souris et certains oiseaux nicheurs, tout un monde d'arthropodes comme les acariens, collemboles, cloportes, capricornes, coléoptères, guêpes de bois, fourmis etc., et les nombreux végétaux inférieurs (champignons, bryophytes, …).

 

Le fait que la forêt est une chênaie, dont certains individus centenaires, accroît encore sa valeur. Le chêne est une source de vie qui n’a pas son pareil parmi les autres arbres. Il fournit des vivres à des centaines d'espèces d'insectes. Ceux-ci sont à leur tour source de nourriture pour les guêpes parasites et les punaises prédatrices, les oiseaux et les petits mammifères. Le chêne est l'arbre qui abrite les plus nombreuses formes de vie, et les vieux arbres sont les piliers de l'ecologie de la forêt. 

 

Au fil du temps, alors que les chênes vieillissent, en combinaison avec le maintien du bois mort sur pied ou tombé, le site devient de plus en plus riche.